Lucas Saint Faust
Aussi loin que je m’en souvienne, depuis que j’ai commencé le théâtre enfant à Dakar, au Sénégal, j’en ai toujours fait entouré d’ami.es plus ou moins proches, et parfois même en famille. De là aussi ma joie, après quelques années d’arrêt pour valider une licence de philosophie et garder des chèvres en Ariège, de faire de nouvelles rencontres à l’école de théâtre, puis créer une compagnie avec mes amis, et intégrer le Grenier. Oui, au Grenier j’ai retrouvé la joie des premières années, de jouer avec les ami.es, et d’être un peu comme en famille parfois même !
Ma première fois, c’était les Misérables. Un spectacle vraiment grandiose, animé d’un solide esprit de troupe. Je suis arrivé là comme un enfant, avec des yeux ouverts grands comme ça.
Des anecdotes, mais il y en a tellement ! Celles qui me reviennent c’est surtout la vie de coulisse, quand sur scène se déroule l’action que tout le monde retiendra et verra, mais que derrière les rideaux c’est comme une autre pièce, une deuxième, l’envers de celle que le public voit, qui se joue, une pièce silencieuse, agitée, mais toujours très drôle. De ces pièces mystérieuses, oui il y aurait tellement d’anecdotes à raconter, mais est-ce que ce ne serait pas dissiper un peu de la magie du théâtre ?
Un des rôles qui m’a le plus amusé, c’est la Duègne, sur Cyrano de Bergerac. De jouer une vieille servante sous le masque de Pulcinella, tordu sur mon over board que cachait cette énorme robe noire bouffante, avec une voix éraillée et des gestes de vieille grenouille de bénitier, oui ça c’était vraiment que du bonheur. Choisir une pièce marquante, c’est difficile, parce que toutes l’ont plus ou moins été, que ce soit pour la pièce en elle-même, le rôle, ou même la joie d’être ensemble.
À côté, très proche en fait, il y a le Rocher, la compagnie créée en 2015, avec Clarice Boyriven, Nathan Croquet, et Yohann Villepastour. Une toute autre compagnie, un tout autre théâtre, mais tout autant de joie de créer ensemble, de partager cette part de notre vie. Il y a aussi les ateliers à l’EAD, avec les adolescent.es et les adultes, qui est pour moi une expérience vraiment émouvante autant qu’enrichissante, d’accompagner des amateur.ices dans la création d’un spectacle.
Puis il y a le reste, bien sûr, tout ça qui fait une vie, mais ça c’est autre chose.
Sa phrase : « On a le temps non ? «