Yohann Villepastour
J’ai fait une option théâtre au lycée Laure Gatet à Périgueux. Puis Léda (l’école de l’acteur) à Toulouse de 2011 à 2014. Je ne savais pas bien ce que je voulais faire de ma vie quand il a fallu commencer à s’orienter professionnellement à la fin du collège. Et comme il fallait absolument choisir une option pour le lycée, je me suis dit que l’option théâtre serait la plus amusante. Surtout que ma grande sœur avait déjà fait exactement le même lycée avec la même option. Je l’ai juste copiée. C’était plus simple. Puis ça a recommencé à la fin du lycée, il fallait choisir les études pour le métier qu’on ferait ensuite toute notre vie. Je ne pense pas mettre jamais décidé à faire une école de théâtre mais je ne pense pas non plus avoir jamais pensé que je ferai autre chose. Je ne voulais pas travailler. Je n’ai jamais voulu le faire. Je dis ça parce qu’on travaille énormément au théâtre malgré les aprioris qu’on peut avoir sur ce métier. Mais pour moi ce n’est pas du travail comme je l’entends.
- Les débuts au Grenier :
À Léda, j’ai rencontré Laurent Collombert. C’était mon professeur. À la fin de mon cursus, il m’a proposé de jouer dans la prochaine création du Grenier de Toulouse : Le Bourgeois Gentilhomme. J’ai passé une audition devant Pierre Matras et Stéphane Battle et je l’ai eue. Mes premiers rôles avec le Grenier était celui de Cléante et le Maître Tailleur.
- Une anecdote :
Sur le spectacle Les 3 Mousquetaires, j’étais chargé en coulisse d’aider Laurent à se changer entre son rôle d’Atos et celui de Rochefort. Les deux costumes étaient totalement différents. On n’avait vraiment pas beaucoup de temps. Souvent, Laurent sortait de scène en Atos et rentrait dans la scène juste après en Rochefort. Il y avait peut-être 5 ou 6 changements comme ça dans le spectacle. Il se changeait entièrement de la tête aux pieds. Moi, je m’occupais du bas et lui du haut. Il sortait de scène et immédiatement je tirais sur son pantalon pendant qu’il enlevait sa veste. J’enlevais ses bottes et je lui enfilais son autre pantalon pendant qu’il se débrouillait avec son haut. Puis j’essayais de lui chaussais ses nouvelles bottes, l’une après l’autre pendant qu’il ajustait son chapeau et son cache oeil en équilibre sur une jambe. L’espace était étriqué et on y voyait rien. Il fallait être précis et optimiser chaque geste. Le problème c’est qu’on était de plus en plus fatigués à chaque changement parce que le spectacle était long et intense. On courrait dans tous les sens pendant trois heures. Et avec la fatigue, le stress et la situation absurde dans laquelle on se trouvait, la moindre connerie dite de l’un ou de l’autre nous déclenchait un fou rire. Et je nous revois, moi essayant de chausser une botte à Laurent qui manque de tomber pendant qu’il se débat avec sa veste. Tous les deux pleurant de rire littéralement, avec nos deux corps pris de spasmes, en essayant de ne pas faire de bruit. Et enfin Laurent à l’entrée de la coulisse se retenant de rire et essuyant ses dernières larmes avant de rentrer sur scène.
- Les rôles qui l’ont marqué au sein du Grenier :
Cléante dans le Bourgeois Gentilhomme.
Le petit Billy dans Vol au-dessus d’un nid de coucou.
Le Bret dans Cyrano de Bergerac.
Ascanio Petrucci dans Lucrèce Borgia
- Activités extérieures :
Avec trois autres personnes, on a fondé la compagnie du Théâtre du Rocher avec laquelle on crée des spectacles depuis 2015. Je travaille également avec la compagnie Le Bruit Des Gens et la compagnie Voraces en tant que comédien et metteur en scène. Je donne des cours adultes au Grenier de Toulouse.
- Sa phrase :
« C’est bien plus beau lorsque c’est inutile. »